LE BLOG DE LAIB AZEDINE- Editions de la Lettre Libre

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Les vérités originelles, le 24/01/2012

La vérité vraie. La vraie vérité. Chacun exerce à son intention, à son intérêt exclusif le droit de disposer de Sa vérité, qu'il tient alors pour vraie à son avantage le plus propre et le plus égoïste. Avantage signifie platement ce qui est à la fois utile et profitable pour un individu donné. Certaines vérités ont ainsi cours dans l'idée de satisfaire le besoin primaire de simple survivance d'une personne, d'une communauté de personnes, d'une Nation au milieu d'un espace et d'une époque définis .

 

D'autres vérités aussi répondent d'un effort de l'esprit individuel d'un être qui a dessein d'augmenter son avantage d'existence, son gain moral (avant le gain matériel), de se fortifier en tant qu'entité au milieu des autres visant l'intérêt commun de leur survivance individuelle prééminente, supérieure à celle d'autres entités se reconnaissant comme inférieures à la dominante. Nous devrions mieux dire, la prioritaire. La vérité est par conséquent lutte de survivances, ce qui en résulte de ces survivances dites prioritaires et de ces survivances dites subalternes ou secondaires.

 

Or, se peut-il envisager, donc engendrer, en pratique, des sociétés harmonieuses admettant pour vraies des vérités propres à tout un chacun? Est-elle viable cette organisation humaine qui conviendrait de l'existence juridique et culturelle de vérités singulières et en même temps estimables pour tous?S'il est une Vérité qui doit être pour un sujet donné, quelle inspiration doit l'animer afin de lui maintenir ce qui la fait intrinséquement être La vérité à accepter sur ce sujet?

 

C'est que la Vérité est depuis la nuit des temps force et morale à la fois. Il ne se trouve pas, pour notre malheur, de vérité qui soit bonne ou mauvaise dans un premier temps. Ce qui importe le plus, au commencement de tout, c 'est la Vérité forte, la Vérité force. C'est ce qui s'impose par la violence aux autres, puis se fait admettre et enfin reconnaître par la contrainte de l'individu ou du groupe qui domine alors. Ainsi, les évidences procèdent de tout ce qui s'est écoulé de temps où, par la contrainte, des réalités, des connaissances, des objets, des idées, des valeurs se sont posées par l'intermédiaire d'aucune autre loi que celle de la violence intense et puissante. En ce sens qu'il ne se trouve pas de bonnes ou mauvaises vérités; il s'en trouve de fortes et de faibles. La Vérité officielle, disons, étant la plus forte - la force consistant en la terreur mortifère, en loi du nombre et en l' influence assurée par un moyen donné - de toutes pour un objet donné.

 

D'où les incompréhensions folles qui parcourent parfois les esprits de certaines âmes consciencieuses, se demandant avec perplexité ce qui justifie, en des circonstances les plus ordinaires de nos vies, que certaines vérités, en bien des domaines et sans nulle raison compétente qui tienne, soient perpétuellement celles qu'il se faut admettre et défendre envers et contre tout, au mépris d'autres leur paraissant pourtant de leur point de vue plus utiles et profitables.

 

La Vérité, nous semble-t-il, la plus forte est toujours la meilleure. Il est une imposture avérée de croire désormais que la Raison soit l'essentialisme de la Vérité. C'est la force de la bestialité humaine en des temps reculés de règne de la nature, c'est la force policée de cette même barbarie aujourd'hui dirigée dans les canaux raffinés du Droit et de l'Argent, qui ont institué et qui instituent encore ce que l'on qualifie communément de Vérité bonne ou Vérité vraie. La Raison, en la matière, ne réside que dans l'aveu fondé de croire que les lois primitives de la Nature n'ont en réalité jamais sombré, et que la Vérité la plus forte n'étant pas la plus vraie (au sens où l'on croit l' entendre), a raison, pour sa survivance propre, de discréditer ou de feindre respecter les vérités autres originelles qui la concurrencent depuis l'aube des temps.

 

Il n'est donc pas de vérité meilleure que d'autres. Il est des vérités qui disposent de pesants de force qui les préservent et maintiennent supérieures ou prioritaires, et des vérités autres, d'égale valeur et importance en elles-mêmes, qu'il faut juger en tout à l'aune de ce qu'elles respectent ou feignent respecter des valeurs universelles permettant la vie en paix et en commun. Les vérités n'ont jamais rien entendu à la Charité. Elles n'ont guère jamais eu d intentions philanthropes ou clémentes. Oh, que non ! Elles ne sont et n' ont jamais été que continuité violente de survivances en lutte en temps de guerre et continuité invisible et cynique de survivances en lutte en temps de paix.

 

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26/01/2012
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