LE BLOG DE LAIB AZEDINE- Editions de la Lettre Libre

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Le mérite des Harmonies, le 06/02/2012.

S'exprimer sur les Civilisations est, avant le temps de tout échange, un non-sens affublé d'évidence qui a l'habitude d'aller de soi, et dont il faut prendre la connaissance immédiate afin de se forger la pensée la plus sûre au sujet d'une question les concernant. En effet, la convention logique des Nations et des Peuples considère comme acceptable cette notion de civilisation assimilée au concept général et abstrait de progrès. Appréciation de valeur plus que représentation intelligible s'appliquant dans la réalité à son objet. Une civilisation s'envisage donc pour beaucoup comme, par le monde, le macrocosme organisé en un tout avec civilité et acquisition positive d'un avantage graduellement attendu par une population donnée. Les manifestations sociales communes des forces vives d'un pays sont appréciées en qualité systématique de phénomènes sous-tendant un mouvement en avant, une amélioration, en d'autres termes, une supériorité. Le terme de civilisation est ainsi consubstantiel à l'idée de progrès, et par là même, de perspective de suprématie et de domination d'une forme de culture groupée (coalisée pourrait-on dire) relativement à une ou plusieurs autres à travers la planète.   Pourtant, cette matérialité des faits et des aspects que l'on connaît soumet son sujet à une perception assez restrictive, voire primitive des choses, de ce qu'est et constitue une civilisation, de ce que sont et doivent constituer à l'entendement d'un individu une civilisation et un progrès. Au plus raisonnable, au plus authentique, au plus juste de tout, nous émettons la proposition selon laquelle le progrès n'est pas une donnée élémentaire mais une élaboration des plus complexes qui soient. Il se comprend comme l'aboutissement jamais abouti, circonférentiel ou fixe, d'un mécanisme à deux branches. Il consiste d'une part, pour les sociétés dites "civilisées", dans le mouvement perpétuel du temps en une orientation choisie à plus ou moins long terme d'une fin, et en la contradiction évolutive inversée de cette même orientation, dans un schéma cyclique de choix perpétuellement en mouvement d'avantages contradictoires et opportuns. Il réside d'autre part, et cela concerne les sociétés dites "sous-développées", dans la conservation civilisationnellle, c'est à dire dans la préservation d'un ensemble historique en tant que composition équilibrée et d'heureuse proposition qui n'a de fin que la conservation sacrée et donnée d'elle-même.   En ce sens, les Civilisations ne s'interprètent guère. Elles ne prouvent rien. Elles n'ont jamais eu et n'ont jamais de dessein à se prouver elles-mêmes. Les Civilisations se sentent. Les Civilisations se contemplent, se comprennent avant de s'approuver. Elles ne se prisent pas. Elles sont. Sublimes états du temps et des espaces en repos, qui n'espèrent, pour certaines, nul mouvement quelconque ou réaction, nulle transformation qui ne soient émanés des forces spontanées qui ont originellement construit et institué les propriétés de survivances de ces organes primaires de vie, appelés de manière générique: "civilisation".


06/02/2012
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