LE BLOG DE LAIB AZEDINE- Editions de la Lettre Libre

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Le bon mot de LA Mediablog


Retraite en rabe...

Regardez-nous ! Voyez-nous ! Nous ne sommes guère d'imperceptibles fantômes sans auréoles et sans qualité qui hantent les endroits déterminés des lieux, à ne languir jamais après les soleils et les rimes fondées de gratitude. Nous ne sommes guère des composites perdants, des vides vains et des révérants de secours pour des remplages mouvants, quant à toutes les bouffonneries gluantes, toujours les mêmes, et toujours d'étains. Toujours, tout le temps. Nous semblons de trop. Nous semblons de tort. Nous donnons à penser qu'en nul ciel jamais les vivants ne toucheront les morts. Qu'il faut sonner le tocsin: viser les yeux est fin au-dessus de leur for. La gentillesse est de fortitude et les brassades sont du décor. La maison ne récolte que les indigents grégaires, écharne les brigands pleins de pupilles et les gardiens de légendes insolubles dans le vin ou sous les porches obscènes. La maison n'aime pas. La maison étrangle les semences; elle efface les plis fourmillants de l'Immense, l'homme - sa fierté et sa haine. Elle éteint la flamme du cierge sans défaut et vaporise à néant le vrai qui devient faux. Puis, devrions-nous avec cela cheminer droit, la grandeur indolore et plate l'humiliation heureuse d'animaux du dehors ?

 


01/07/2013
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"Largeur barje des cons", le 3 juin 2013.

Quand comprendra-t-on, chaque jour, la débilité mollement atroce, la pauvreté sans hâte, jouissive des bêtes, qui parlent et qui se figurent lamentablement, assis dans  leur propre marmelade puante de mufles sans tête, que les détentes à voir de leurs basses vues sont la plus franche des puissances logiques à venir en société qui se respecte ?  A quel point s'empêcheront-ils encore, ceux-là, à dessein ou malgré eux, de se purger les sens adroits, les filaments idiots de leurs minces ampoules nouvelles, couvertes de poudres égarantes et de pattes d'insectes fous prises dans la fonte, avant que de leur obtenir, dans la douleur morveuse, le souverain aveu, l'agrément sidéral de leur être mineur, l'acception de grâce envers ce qui pose et ce qui est ?  A la fin, comment devrions-nous viser quelques-uns de ces autres fauves glacés-là, qui, par les occasions, ne nous accostent ou ne nous apparentent qu'en les circonstances qui raquent la gratitude vitale ou qui expient leur lâche servage? Qu'aurions-nous à leur comporter comme usage et comme façons, devant tant de leurs grossières ordures dans la voix et dans les yeux, devant tant de leur prestige grave mais agenouillé, leur propreté malsaine qui interdit leur infâme naissance - celle qui s'excuse - et favorise un intérieur nul et tout d'oripeaux étouffé.


03/06/2013
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Les dépendances premières, le 14/06/2012.

Quoi de plus cher et aimé que ce voeu exceptionnel d'absorber et de dégager si posément,l'air rare et spécial, serti des chaleurs et des fraîcheurs, de tant et tant d'ancêtres de famille et de sang, qui vous ont semé l'âge et les coeurs, devancé les aubes et les accomplissements, les faims maternelles et les espoirs de vos pères ? Quoi de plus cher ? Quoi de plus valeureux et plus beau que les poussières très fines et légères de votre race familière et liée, que les poudres insensées de vos hauts villages faciles et de vos croulantes maisons pauvres, pitoyablement splendides ? Quoi? Quoi de plus considérable et grand que les débris de vies tendrement goûtées qui ont depuis lors trépassé en secret, en silence, ces vies en leurs temps tellement estimables qui ne sont et ne seront nécessairement jamais plus ? Quoi de plus merveilleux ?

 

Que nous manquent ces présences réchauffantes aujourd'hui, ces ombres rassurantes et rythmées lentement d'autrefois, ces regards sages, près de la terre, près des choses, près des sensations et des êtres. Ces mémoires invinciblement efficaces, qui pénétrent un jour profondément un homme, son coeur et son esprit, et qui enfantent en lui, dans l'euphorie de la chair et des veines, l'intrigue intérieure de son Identité forte pour la Vie. Ce sont de ces choses qui écorchent si vivement une âme raflée. C'est cela qui froisse et abîme par entailles pénibles, cruelles et furieusement muettes, le foyer intérieur d'une conscience, d'un corps arraché du sol coutumier de sa province, de son pays, et qui aurait dû doucement s'élever à la simple fierté apte et relaxée des Siens.


14/06/2012
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Mortaisage historique, le 20/05/2012.

Notre tribu sociale permet douloureusement ce mal immérité, cette mauvaise fleur laide de nos moeurs, cette tare indigne de condition qui colle à l'âme et à la peau, telle une abusive sentence, d'engloutir les substrats de puissance et de servir tranquillement la rançon inéluctable de notre époque: l'absolu et injustifié dédain. Nous sommes une génération éternelle et nous crevons, à travers les siècles, du mépris superbe qui punit sans distinction depuis la nuit des temps. Nous rageons d'ingratitude; nous fatiguons d'efforts tuants qui continûment terminent désavoués -Sourde haine en box d'élevage.

 

Lors que l'on pense que tant de talents soliloques s'encroûtent dans les abîmes de leurs hontes, de leurs craintes ou de leurs craquantes retraites glacées. Ce sont les sauvageries méditatives que l'on mène dans les chaumières crottées ou dans les masures normales. Des soleils de génie d'une sévérité triste dépouillés de leurs rayons de lumières pourtant emplis d'excitation, et qui se ruinent diable sur canapé dans la convulsive absence.

 

Tandis que de bien banals officiers d'autorité publique sont dans le même temps élevés aux ordres de petits fourriers, voyeurs de village, investis de résonnance et de respectabilité, cernés de charisme obligé, de génialité hypothétique ou présumée par l'art mystérieux qu'ils mettent à rendre probable la réalité d'une concavité profonde d'esprit qui se trahit bien dans la proportion d'une distance et retenue que l'on tient pour de la politesse. Ah...haïssable ! C'est eux que l'on drague, au point de leur curer les fesses d'impression dramatique,  de vive affectation ou de servilité vaillante ; et c'est nous que l'on tangente farouchement, que l'on esquive fatalement et que l'on louche religieusement... Presque apaches débiles que nous devrions être sûrement, ou presque redoutables gourous, vénérables au possible, sans nul doute, troublement inspirés.


21/05/2012
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Décorporation extravagante, le 16/05/2012.

Certains requièrent avec insistance l'admission par la majorité du principe de la "désidentité". Ils expriment précisément leur voeu, avec impulsion les fois, de voir quelques de leurs semblables humains qu'ils abominent viscéralement, abjurer leurs empreintes primitives, ancestrales et ventriculaires; leurs points de départ extraordinaires à la vie; leurs terres si lointaines et tellement charnelles, toutes de frisson évocatrices et nostalgiques; leurs pères et leurs mères infaillibles, indissolubles et perpétuels; leurs caractères sculptés à l'âme et leurs valeurs attribuées par la ou les souches qui les ont vus être et devenir ce qu'ils sont à présent tout à fait: une unité naturelle sensible et fluide au devant et à l'affront de tout l'Univers.

 

Désidentifiez-vous, somment-ils! Mais, est-ce qu'ils l'ignorent ? Cela revient à priver celui que l'on désidentifie de ce qui le fait être une personne personnelle. C'est souffrir de lui arracher ses gènes, son espèce, l'essence de sa sacralité ni supérieure, ni inférieure, mais légitime à postuler à la très pauvre existence terrestre. C'est envenimer sa fierté; c'est lui mander de déconseiller et condamner son propre honneur.

 

Certains assument-ils donc d'accorder tout bonnement un droit à la vie, d'après ce que leur prétend leur inclination maussade ? Et ils travestissent subtilement cela sous le terme d'intégration ? Est-ce cela la substance, la teneur défendante d'une Nation qui se clame mûre et forte ? "- Il ne me plaît pas que tu sois ce que tu es, comme tu l'es, alors, en vertu de ce que la Nation m'est propre,ou est mon apanage, je réclame que tu te désidentifies en partie ou en tout, pour me convenir. "?

 

C'est effroyable, n'est-ce pas ? C'est seulement indu. C'est atrocement abusif. La désidentité, nous semble-t-il, est une récrimination insensée et illégitime, motivée par le seul usage, la seule qualité aléatoire d'un fait sans mérite qui consiste dans l'aventure d'être bien nés pour certains, et d'être mal nés pour d'autres. La désidentité est, pire encore, une instruction, voire un artifice infertile, impossible à exécuter dans le réel. Nul être humain ne sera jamais, sachons-le, disposé à se détacher de sa moelle épinière qui le tient debout et le consiste en un "Je" approbant, récusant, agissant, mais assurément pas, se décorporant.


17/05/2012
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